Il y a un sujet dont je n’ai pas encore beaucoup parlé dans Bye Bye Procrastination, c’est celui de la motivation. Et pourtant, c’est un sujet que vous me demandez régulièrement d’aborder, et que j’évoque souvent avec les personnes que j’accompagne en tant que coach.

Ben oui, est-ce que la motivation ne serait pas l’ingrédient magique qui permettrait d’enfin arrêter de procrastiner ?

Quand on est motivé.e, rien ne peut nous arrêter, non ?

Est-ce que la motivation n’est pas essentielle quand on veut avancer ?

Comme la plupart des gens, et peut-être que tu te reconnaîtras aussi, j’ai longtemps cru qu’il y avait une recette magique de la motivation. Et qu’il suffisait de trouver cette recette pour ne plus jamais procrastiner et enfin atteindre tous mes objectifs.

Sauf que la réalité est un peu plus nuancée que ça, et que l’équation de la motivation n’est pas si simple à résoudre !

Dans cet épisode de Bye Bye Procrastination, je te propose donc de plonger au coeur de la motivation, de la disséquer pour voir d’un peu plus près de quoi elle est faite… Et de te donner des pistes de réflexion sur ce sujet passionnant et complexe !

Avant d’aller plus loin, je tiens à préciser que je ne suis pas chercheuse en sciences comportementales ! Et que si j’ai fais des recherches pour te proposer cet épisode de Bye Bye Procrastination spécial motivation, il est possible que j’y fasse des raccourcis.

En fait, au delà des éléments scientifiques que j’ai pu glaner au cours de mes recherches pour préparer l’épisode, ce dont je vais surtout te parler, c’est de MA vision de la motivation. Ce que je dis n’a donc évidemment pas valeur de vérité absolue.

Qu’est ce que la motivation ?

Définition de la motivation

Si tu écoutes le podcast régulièrement, tu sais que j’aime bien commencer par dessiner les contour du sujet que je veux explorer avec une bonne vieille définition.

Selon le Larousse, la motivation ce sont, je cite, les raisons, les intérêts, les éléments qui poussent quelqu’un dans son action. Et si je vais plus loin en allant du côté de la littérature scientifique, je retrouve plus ou moins cette même définition, avec des variations de formulation.

Plein de variations même.

Parce que la motivation est un sujet d’étude depuis longtemps, et que beaucoup de théories de la motivation ont été formulées : il y a par exemple la théorie des besoins, théorie des caractéristiques de la tâche, la théorie du renforcement ou encore la théorie de l’autodétermination.

Je ne te les cite pas toutes, parce que la liste est longue et qu’il y a plein de subtilités parfois au sein même d’une théorie mais tu as compris l’idée ! Il y a eu énormément de travaux scientifiques sur la motivation, pour essayer de découvrir la clé magique qui permettrait de déclencher la motivation à tous les coups. Ben spoiler alert, on cherche toujours !

Du coup pour simplifier les choses, je me suis intéressée à une théorie en particulier, la théorie de l’autodétermination.

Les 2 grands types de motivation

Cette théorie de la motivation, et c’est là que ça commence à devenir intéressant, distingue 2 grands types de motivations : la motivation extrinsèque et la motivation intrinsèque.

La motivation extrinsèque

La motivation extrinsèque (ou plutôt LES motivations extrinsèques) ce sont les facteurs extérieurs qui poussent un individu à adopter un comportement.

Pour faire simple, les motivations extrinsèques, c’est un peu l’histoire de la carotte et du bâton. On est motivés à agir par la perspective de conséquences négatives, comme une majoration sur ton avis d’impôt par exemple, ou bien parce que notre action va déclencher un bénéfice qui vient de l’extérieur.

C’est le principe du salaire ou de tout autre type de récompense par exemple. Les motivations extrinsèques sont des impulsions externes qui vont nous encourager à adopter un certain comportement.

La motivation intrinsèque

Et à côté de ces motivations extrinsèques, on a les motivations intrinsèques. Les motivations intrinsèques, ce sont toutes les raisons qui nous poussent à agir sans que qui que ce soit aient à intervenir. Quand on agit par intérêt pour une activité par exemple, on est dans le domaine des motivations intrinsèques. Les motivations intrinsèques sont des impulsions internes.

Comment augmenter sa motivation ?

Quand on cherche à augmenter sa motivation, on peut donc jouer sur ces deux leviers pour se mettre un coup de pied aux fesses et passer à l’action.

Par exemple, tu peux décider de récompenser les efforts faits pour aller à la salle de sport avec un petit cadeau que tu te fais à toi-même. Là, on est dans de la motivation extrinsèque. Ou bien te donner un objectif précis et laisser ton sens du challenge faire le reste, en faisant appel à de la motivation intrinsèque.

Se motiver avec la motivation extrinsèque

Dans le premier exemple, tu vas donc faire appel aux motivations extrinsèques.

Et c’est une tactique qui eut être très efficace au début ! Mais c’est une tactique qui atteint vite ses limites. Est-ce que parce qu’une récompense suffit à déclencher la motivation sur le long terme ? Bien sûr que non ! Si c’était le cas, les entreprises n’auraient rien d’autre à faire que de verser le salaire des gens pour garantir leur motivation et leur implication. Hors, je suis sûre que tu l’as déjà constaté, ce n’est pas franchement la réalité du monde du travail.

Au bout d’un certain temps, plus ou moins court, la récompense promise ne suffit plus à déclencher la motivation. Et la menace du bâton devient elle aussi beaucoup moins efficace. Non seulement on s’habitue à ces impulsions externes, qui ont de moins en moins de prise sur nous, mais en plus, on perd notre capacité à s’auto-motiver.

Si la carotte ou le bâton disparaissent, quand la pression externe n’existe plus, on peut perdre notre capacité à agir. C’est ce qui se passe par exemple quand certaines personnes quittent leur job salarié pour se lancer dans l’entrepreneuriat : tout d’un coup, le cadre disparait et parfois la motivation s’envole avec lui.

On ne peut donc pas entièrement se reposer sur la motivation extrinsèque pour avancer. C’est forcément jouer à un jeu dangereux.

Se motiver avec la motivation intrinsèque

Ok, donc si on ne peut pas compter sur la motivation extrinsèque, on peut au moins compter sur la motivation intrinsèque non ?

Oui, dans une certaine mesure, on peut développer sa motivation intrinsèque en se donnant des objectifs par exemple, ou, et c’est beaucoup plus puissant, en développant une vision personnelle qui donne du sens à ce que l’on fait.

Mais même dans ce cas, notre niveau de motivation est fluctuant. Il monte et descend au gré de notre niveau de fatigue, de nos émotions et de plein de paramètres qu’on a parfois du mal à identifier.

3 leçons à retenir sur la motivation

1. La motivation varie énormément

Tu peux partir avec des motivations super claires, et pourtant te retrouver bloqué.e dans la spirale de la procrastination.

D’ailleurs, je ne sais pas si tu l’as remarqué, mais tu es souvent plus motivé.e au début d’un projet, ou au moment où tu te lances dans la réalisation d’un objectif. Il suffit parfois de quelques semaines, voire quelques jours pour que cette motivation disparaisse.

Et tu as beau essayer de te convaincre avec tous les arguments rationnels du monde que te mettre au boulot ou sortir courir est la BONNE chose à faire, tu n’arrives pas à passer à l’action. Pourtant, sur le papier, tes motivations sont claires !

Et elles le sont probablement. Le problème, c’est que la motivation intrinsèque n’est pas seulement une question de raison, c’est aussi beaucoup une question de sensations et d’émotions. Il suffit par exemple que nos motivations “rationnelles” rentrent en conflit avec le processus qui nous fait éviter toute situation déplaisante, pour que la motivation disparaisse.

Alors voilà, si tu es en permanence sur les montagnes russes de la motivation, tu n’es pas seul.e ! On est tous et toutes dans le même bâteau.

La motivation est une amie assez peu fiable. Elle va, elle vient, parfois sans que l’on puisse vraiment mettre le doigt sur ce qui la déclenche et ce qui la fait disparaître d’un coup. Les évolutions de la motivation dépendent de tellement de facteurs internes et externes, qu’il est impossible de savoir quand elle viendra toquer à ta porte.

Et la vérité, c’est qu’il n’y a PAS de recette pour créer automatiquement de la motivation !

Pas de potion magique, pas de pilule chimique, pas de sort sur lesquels tu pourraient compter pour retrouver ta motivation quand elle disparaît tout d’un coup sans explications.

Du coup on fait comment ?

Comment faire pour trouver la motivation et la garder ?

2. La motivation est une illusion

Je suis persuadée que la motivation est une illusion. Pas parce qu’elle n’existe pas. Evidemment qu’on peut être motivé.e.

Mais plutôt parce qu’on confond 2 choses complètement différentes : la motivation et l’envie. Et la plupart des gens, et peut-être toi aussi, voient l’envie comme une condition ESSENTIELLE pour passer à l’action : si on n’a pas envie, on ne bouge pas.

Alors quoi ? ça veut dire qu’on attend tranquillement dans nos fauteuils que la motivation vienne taper à notre porte pour commencer à avancer ? On reste là tant que la motivation n’est pas disponible dans une quantité suffisante ?

Je crois qu’il est temps d’arrêter de croire que la motivation est la solution. La motivation est utile, mais je te promets que si tu attends la motivation pour avancer, tu risques bien de faire du sur-place pendant encore un petit bout de temps.

La vérité c’est que la plupart du temps, tu n’auras PAS la motivation pour faire les choses. Tu peux avoir toutes les raisons du monde d’agir et rester immobile.

❌ Tu ne seras PAS motivé.e pour te tirer de ton lit douillet le matin

❌ Tu ne seras PAS motivé.e pour t’attaquer à tes projets les plus ambitieux, car tes émotions t’empêcheront de faire le premier pas

❌ Tu ne seras PAS motivé.e pour décrocher ton téléphone et appeler l’URSSAF ou ton futur client

❌ Tu ne seras même pas motivé.e pour faire les choses qui te passionnent et te font vibrer

Tu n’auras pas envie de faire tout ça !

Parce que tu seras fatigué.e, parce que tu auras peur de te lancer, parce que ce sera difficile de t’y mettre, parce que tu seras face à l’inconnu… Et pour tout un tas d’autres raisons pas du tout rationnelles.

Evidemment, c’est primordial de donner du sens à tes actions et de prendre du plaisir dans ce que tu fais. C’est la seule manière de faire tenir tes projets et tes habitudes sur le long terme.

Mais le sens et le plaisir ne suffiront pas toujours à te faire sortir de ton canapé. Parfois il te faudra te donner un bon coup de pied aux fesses.

3. Tu n’as pas besoin de motivation pour agir

C’est la plus grande leçon que j’ai apprise ces dernières années : N’attends pas la motivation, n’attends pas le bon moment

Agis ! C’est simple, mais ce n’est évidemment pas facile. Ca demande du courage, de la discipline, de la persévérance. Mais tu verras que le premier pas est toujours le plus dur.

C’est l’énergie dont tu as besoin pour te lancer qui est la plus difficile à mobiliser. Une fois que tu es en mouvement, tout devient plus facile.

Je suis sûre que tu en as déjà fait l’expérience : le plus dur quand on va courir par exemple, ce n’est pas de mettre un pied devant l’autre. C’est de passer la porte d’entrée.

Ce principe s’applique à n’importe lequel de tes objectifs et de tes projets. Il n’y a qu’une seule stratégie possible pour les atteindre : te mettre en action et commencer par faire le premier pas. Tu SAIS déjà ce que tu as à faire. Pour avancer, il faut commencer, tout simplement !